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Revoir profondément notre manière de nous déplacer

Par Julien Vidal, fondateur et porteur du projet «Ça commence par moi» —27 juin 2020


Alors que la France au temps du Covid-19 s’imposait une respiration bienvenue, il semblerait que le monde d’après ressemble, peu ou prou, au monde d’avant hyper-pollué...


Airparif dévoile des analyses qui prouvent que la reprise des activités, et particulièrement du trafic, a conduit à une reprise des quantités de polluants rejetés dans l’atmosphère jusqu’à 90% des niveaux observés avant le confinement.


Quand le confinement n’est plus là…

Il y a quelques semaines encore, les internautes du monde entier s’émouvaient de la clarté des rivières et de la pureté de l’air, mais cela semble déjà bien loin. Les chants des oiseaux sont à nouveau recouverts par les klaxons des voitures et les pots d’échappement déversent leur épaisse fumée grisâtre dans nos villes une nouvelle fois congestionnées.


N’aurions-nous donc rien appris ? Pourtant, on le sait, en France, les transports sont toujours pointés du doigt dès que l’on évoque la pollution atmosphérique (le trafic routier représente plus de la moitié des rejets d’oxydes d’azote par exemple) ou les émissions de CO2 (où ils sont numéro 1 avec près de 30% du total). La voiture, aujourd’hui au centre de nos vies et au cœur de nos villes, doit donc voir son utilisation largement questionnée.


La petite reine n’a pas dit son dernier mot

Et si on comprend pourquoi les transports en commun sont en ce moment boudés, on se prend à rêver quand on voit que les chiffres de ventes de vélos ces dernières semaines. Encouragés par un plan gouvernemental de 20 millions d’euros, les trajets à vélo sont en plein boom en France après le confinement, avec 87 % de fréquentation cyclable en plus par rapport au début de l’année, en ville comme à la campagne, selon le bulletin «Vélo et déconfinement» de l’association Vélo et territoire.


Une excellente nouvelle car si la bicyclette est une mode de déplacement neutre en carbone, il est également source de nombreux autres avantages. Silencieux et excellent pour la santé, le vélo est aussi plus économique. En ville, le préférer à la voiture permet de gagner du temps, de respirer un air plus pur et de moins s’exposer aux risques d’accidents. Autant de bonnes raisons de se lancer.


Pourquoi prendre l’avion quand on vit dans le plus beau pays du monde ?

Pour nos vacances d’été, la question de nos modes de déplacement se pose à nouveau. Et bien que le gouvernement s’entête à maintenir tant bien que mal une industrie aéronautique incompatible avec l’urgence climatique à coups de milliards d’euros, les Français n’ont pas vraiment le choix que de (re)découvrir le plaisir d’être un touriste chez soi.

Une opportunité de soutenir le secteur du tourisme qui en a bien besoin mais également d’oser s’essayer à de nouvelles manières de voyager : ici encore, le vélo est un allié de taille pour partir sur les routes qui bordent la Loire et le canal du Midi.


Si vous voulez des vacances plus calmes, ou moins rapides, laissez-vous tenter par la péniche, le stop, le voilier, la randonnée, le train, le cheval, etc. Les moyens de déplacement doux sont nombreux et sauront s’adapter à votre budget, à l’aventurier qui sommeille en vous et à la distance que vous souhaitez parcourir.


Enfin, en plus de la réduction évidente de notre empreinte écologique permise par ces alternatives à l’avion, c’est toute la relation au voyage qui change. Là où l’avion nous donne la possibilité de nous affranchir de la réalité géographique, les moyens de transport doux, au contraire, nous inscrivent dans le paysage : les odeurs, la lumière, la biodiversité, la topographie sont autant d’éléments qui viennent donner une complexité bienvenue qui créera des souvenirs bien plus riches.

Retrouvez toutes les semaines le billets de Julien Vidal sur notre site internet et sur Libération.

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