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Observez les oiseaux !

Par Léo Martin et Sébastien Turpin— 28 juillet 2020


Les éditions Actes Sud junior ont demandé à leurs auteurs et autrices de contribuer aux réflexions d’Agir pour le vivant en s’adressant aux plus jeunes (mais pas seulement !).

Observez les oiseaux !

Durant le confinement, chacun et chacune d’entre nous a pu observer ou voir défiler sur les réseaux des images, des vidéos montrant le retour d’oiseaux, d’insectes et même de mammifères dans les grandes villes, les ports maritimes ou sur les plages touristiques désertes. La quasi-absence d’humain, de trafic routier ou maritime et par conséquent de pollutions sonores, a permis à une partie de la biodiversité, de revenir dans les lieux habituellement très dérangés.

Si ces observations ponctuelles nous montrent la capacité des espèces à recoloniser ces espaces, gardons en tête que l’effet du confinement sur la biodiversité reste à décrire scientifiquement. Nous manquons, en effet, de données précises pour évaluer l’impact réel du confinement sur les animaux et plus largement sur la biodiversité. Nous pouvons nous demander quelles sont les espèces qui ont profité du confinement, quelles sont celles pour qui ça n’a rien changé. A-t-on pu observer plus d’espèces car nous disposions de plus de temps et que l’absence de bruit était propice aux observations ? Pour répondre à ces questions, il faut des données ! Prenons l’exemple des oiseaux : un ornithologue amateur pourra comparer ses observations à celles d’années antérieures et sera capable de dire s’il a vu plus d’espèces et plus d’individus pendant cette période… Pour autant ces résultats n’auront qu’une valeur locale. Pour pouvoir généraliser ces observations et donc conclure sur l’effet du confinement, les scientifiques ont besoin de données collectées avant, pendant et après cette période. Pour en obtenir suffisamment, les chercheurs font parfois appel aux citoyens. Sans être spécialiste en ornithologie, tout le monde peut contribuer en participant à des programmes de sciences participatives comme «Oiseaux des jardins».


Ce dispositif propose de lister les oiseaux qui fréquentent votre jardin puis de transmettre ces informations via un site web. Dans ce type de programme, les participants doivent respecter un protocole précis (une durée d’observation identique par exemple) défini par des chercheurs. Ce protocole permet de s’assurer que les données collectées seront comparables entre elles. Les observations faites dans ce cadre permettront de tenter d’évaluer l’impact du confinement sur la biodiversité mais permettront certainement de répondre à bien d’autres questions sur l’état de santé de la biodiversité !

Pour conclure, n’oublions pas que deux mois ne représentent qu’une part microscopique de l’histoire évolutive des espèces. Si la période du confinement n’a probablement pas permis un retour durable des espèces en ville, elle nous invite en revanche à prendre du recul sur notre place au sein de la biodiversité.

Respectivement coordinateur de projets scientifique et pédagogique et doctorants au Muséum d’histoire naturelle de Paris, Sébastien Turpin et Léo Martin travaillent à sensibiliser le public sur la nature et son observation. Ils ont publié avec l’illustratrice Liza Zordan le livre-coffret Quel est cet oiseau ? chez Actes Sud junior.

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