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« Je n’irai plus marcher pour le climat »

par Maxime De L'ambiance, membre du collectif Une Primaire Populaire - 28 juin 2021

Agir pour le Vivant : Tribune


Je m’appelle Maxime, j’ai 25 ans et je suis activiste pour la justice sociale et climatique. Je ne compte plus les marches pour le climat, les manifestations et autres rassemblements auxquels j’ai participé. Mais cette fois c’est terminé.


Je m’appelle Maxime, j’ai 25 ans et je suis activiste pour la justice sociale et climatique : comme beaucoup de jeunes de ma génération, je ne compte plus les marches pour le climat, les manifestations et autres rassemblements auxquels j’ai participé ces dernières années. Mais cette fois c’est terminé, je n’irai plus marcher.


Pour moi, tout a commencé le 28 août 2018 : impuissant face au reste du gouvernement, Nicolas Hulot démissionne en direct à la radio. Je suis descendu dans la rue à ce moment-là et j’ai marché avec des milliers de personnes : j’ai marché tous les mois avec Alternatiba et le collectif Citoyens pour le Climat. J’ai fait grève à l’appel de Greta Thunberg avec Youth for Climate. J’ai attaqué l’Etat en justice pour inaction climatique avec 2,3 millions de personnes en signant l’Affaire du Siècle, lancée par quatre grandes ONG. Puis je me suis mis à marcher aux côtés de celles et ceux qui demandent plus de solidarité et une meilleure démocratie, plus d’égalité et moins d’injustices. J’ai même organisé des occupations et des actions de désobéissance civile avec Extinction Rebellion. En l’espace de deux ans, je suis devenu un véritable activiste, infatigable, inarrêtable. Moi qui n’avais jamais manifesté auparavant, j’avais pris d’assaut la rue, mégaphone à la main, porté par la ferveur de ces mouvements sociaux.


Cette fois, c’est terminé, je n’irai plus marcher.


Je suis fatigué de marcher. Nous avons construit ces mouvements à force d’acharnement et de mobilisations, nous avons remporté des victoires, soyons-en fiers ! Mais j’ai le sentiment d’être aphone, à moins que celles et ceux à qui je m’adresse soient tout simplement sourds… Alors après avoir organisé et participé à tant de marches, je veux faire plus qu’interpeller celles et ceux qui sont au pouvoir. Pour moi ce n’est plus suffisant : j’ai le sentiment de me complaire dans un mode d’action qui me donne ma petite dose de reconnaissance nécessaire. Je veux sortir de cette zone de confort dans laquelle je me suis installé.


Alors que faire ? Lutter localement en m’installant dans une ZAD ? J’y ai pensé, j’étais à deux doigts de le faire… M’engager pour empêcher la destruction du vivant c’est attrayant, mais j’aurais le sentiment de me battre face aux conséquences des décisions prises par nos dirigeants. Je veux être radical, traiter le problème à la racine : il faut traiter la cause, il faut changer les dirigeants ! Problème : l’engagement partisan, les partis politiques, tout ça, ça ne m’intéresse pas, ça me rebute même – comme beaucoup de gens autour de moi. Trop éloigné de ce milieu pour m’y sentir à l’aise, je n’en ai pas les codes. Trop «puriste» pour accepter de m’investir dans le jeu électoral, je ne veux pas me résigner à faire des compromis. Pourtant je refuse que mon pouvoir d’agir se réduise uniquement à voter tous les cinq ans…


Dans moins d’un an, j’irai voter aux élections présidentielles. Ce que je veux, c’est mettre au pouvoir des personnes qui portent mes valeurs, qui sont révoltées par les injustices qui me révoltent et animées par l’espoir qui m’anime ! Soyons clairs : Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne sont pas de ceux-là. Or, pour l’élection présidentielle de 2022, c’est un second tour entre le candidat du néolibéralisme et la candidate identitaire qui nous est prédit. Je ne peux pas accepter ça : je viens tout juste d’avoir 25 ans et je refuse d’être gouverné par l’un ou l’autre pendant ce qui devrait être les cinq plus belles années de ma vie. Où est notre candidature ? Où est la candidature de l’écologie, de la justice sociale, de la démocratie ?


Ecrire les règles du jeu


Ce dont nous avons besoin, c’est d’une candidature unique et rassembleuse à même de remporter l’élection présidentielle. N’attendons pas que les partis se mettent d’accord : organisons nous-même une grande Primaire Populaire, un processus citoyen transparent et indépendant, et forçons-les à y participer !


Faire advenir cette Primaire Populaire pour avoir une candidature de rassemblement en faveur de l’écologie, de la justice sociale et d’une vraie démocratie, c’est ce qui fait sens pour moi aujourd’hui. Ecrire les règles du jeu, un nouveau jeu électoral où personne ne peut tricher, c’est pour une telle révolte démocratique que je veux m’engager dès maintenant.

Dans un an, je ne veux pas regretter d’avoir manqué d’ambition : donnons-nous les moyens de mettre la France sur une trajectoire d’écologie et de justice. Je ne veux pas me résigner.


La prochaine fois que j’irai marcher, ce sera pour fêter notre victoire, la victoire de celles et ceux qui ont bien trop marché.

Pour signer l’appel pour une Primaire Populaire : https://primairepopulaire.fr

Également disponible sur le site de Libération.

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