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AGIR POUR LE VIVANT : FESTIVAL.Vos armes, citoyens!

par Sarah Finger, correspondante à Montpellier

publié le 4 septembre 2022 à 20h41

De quels outils dispose-t-on pour améliorer le sort de la planète ? Quels leviers peut-on actionner pour agir à notre échelle ? Des intervenants d’Agir pour le Vivant partagent quelques-unes des initiatives ou stratégies qu’ils ont mises en oeuvre.

À Arles, lors de la troisième édition du festival Agir pour le Vivant.
(©Benjamin Cayzac pour Agir pour le vivant)

Tribunes, reportages, analyses… Cette année encore, Libération accompagne le festival Agir pour le Vivant, qui a tenu satroisième édition à Arles du 22 au 28 août.


Le principe est simplissime : racheter des parcelles à des particuliers, élargir au fil du temps le cercle des terres acquises dans le seul but de laisser la nature tranquille et la forêt prendre soin d’elle-même. L’association Forêts sauvages, basée auPuy-en-Velay (Haute-Loire), aurait ainsi protégé 800 hectares de toute intervention humaine. «Nous sommes les petits PèresNoël de la ruralité», témoigne Gilbert Cochet, président de Forêts sauvages.


Si tout le monde n’a pas l’opportunité d’investir dans un bout de nature, rien n’empêche ceux qui peuvent épargner des’interroger sur la destination de leur argent. Mettre la finance au service du climat, c’est l’objectif de Reclaim Finance,dont les investigations permettent de savoir «quels acteurs de la banque ou de l’assurance soutiennent ou pas les énergiesfossiles», explique Lucie Pinson, sa directrice. Objectif : que les groupes auxquels nous confions notre épargne «prennent encompte les intérêts du vivant, et pas seulement les intérêts à court terme».


Boris Patentreger, coordinateur des projets français d’Envol vert, propose quant à lui d’agir au travers de notreconsommation. «Le Brésil est le leader de la déforestation, explique-t-il. Or, 80% de cette déforestation est liée aux pâturagesdestinés à l’élevage bovin, dont la viande est surtout commercialisée par Carrefour et Casino. Les entreprises françaises ontdonc un rôle à jouer. Mais les citoyens aussi, en s’interrogeant sur leur consommation de viande.» Idem pour les produitslaitiers : «La déforestation au Brésil est également liée à la culture de soja, lequel est massivement exporté pour nourrir nosélevages, comme celui des vaches laitières, poursuit-il. Par nos choix de consommation, nous détenons donc un gros pouvoirsur la déforestation.» Le site envol-vert.org propose un quiz permettant de mesurer l’impact de notre consommation sur lesforêts naturelles.

Inutile, donc, de partir à l’autre bout du monde pour militer : Marc Dozier, coréalisateur d’un documentaire intitulé Frèresdes arbres, relaie ainsi le message d’un chef papou, estimant que chacun s’avère plus apte à se battre sur son propre terrain.«A notre échelle, nous pouvons nous opposer à tout projet qui nuit à la vie», demander «le respect du vivant sous toutes sesformes» et aller jusqu’à «la désobéissance civile, véritable poumon de la démocratie», martèle Pauline Boyer, chargée de latransition énergétique chez Greenpeace. Pour la primatologue et naturaliste Emmanuelle Grundmann, on ne se bat bienqu’avec le coeur : «Parce qu’on protège mieux ce qu’on connaît, et ce qu’on aime».




Disponible également sur le site Libération.
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